17 août 2007

12h14, le téléphone sonne, c’est minus : « j’ai pas encore acheté les billets de train pour Marseille. »

J’accuse le coup : « J’espère qu’il restera des places ! Moi je vais à Ikéa aujourd’hui »

(Je vais en profiter pour saluer le stade Saint-Symphorien…)

21h15, toujours minus au téléphone : « J’ai les places, on part à 21h33 demain.

- Si tôt ? »

Sinon, Dijon a gagné 1-0 à Sedan ce soir et est 2ème de L2, je suis super contente !

18 août 2007

20h05, mon frère me téléphone : « Le résultat du match de jeudi ? Nancy toujours 3ème ?

- 2-1 face à Nice. Nancy est 2ème avec trois match gagnés sur trois. »

A 20h50, j’appelle minus : « Je suis à la gare.

- Ca tombe bien, moi aussi. »

Le hasard faisant bien les choses, nous prenons le même train pour la même direction.

Pas grand chose à dire de cette première soirée de dép, à part la déception causée par le 0-0 de Paris à Metz, toutefois contrebalancée par la place de lanterne rouge de Metz.

Les pronostics vont alors bon train. Victoire de Nancy. Victoire de Marseille qui doit enfin prendre des points. Match nul… A 1-1, Nancy reste 3ème ; à 2-2, on est premier ex-aequo ; à 3-3 Nancy est seul en tête. Conclusion : il faut gagner ou faire match nul. La défaite n’est autorisée en aucun cas, Nancy n’a pas intérêt de (re)lancer Marseille.

19 août 2007

Nuit très très courte. Un téléphone sonne : « J’arrive à Saint Raphaël à 9h, tu me paies le café ?

- A moi aussi ! » (minus)

Un mec ronfle par intermittence. Chaud, froid, jambes tendues, pliées, j’enlève mes chaussures, bras croisés, décroisés, la tête à gauche, au centre, à droite, les yeux fermés, ouverts… le train s’arrête, des gens partent, d’autres arrivent, le train se remet en route. Quelqu’un cherche quelque chose dans son sac pendant trois plombes…

Et il est soudain 5h. Sonneries simultanées des réveils « music was my first love » et « Nancy ! Nancy ! Nancy ! » Discrétion assurée. Minus cherche son sac partout alors que je l’ai pris et nous voilà perdus sur le quai de la gare Marseille Saint-Charles.

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On a l’air tellement perdu qu’une dame nous propose spontanément son aide. Nous ce qu’on veut c’est juste trouver les grands escaliers qui descendent (personnellement, la seule chose que je connais pour avoir eu une correspondance d’une demi-heure à Marseille dans ma vie).

« C’est par là. »

On trouve pas et on erre dans un Marseille aussi désert (à part quelques gens qui rentrent de boîte et un qui gueule sous le pont) que crade et puant.

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Et « je marche seule, sans témoin sans personne, que mes pas qui résonnent… » Sauf qu’on est 2 + 1 à qui on demande notre chemin. L’haleine chargée d’alcool, il nous renseigne toutefois à peu près correctement :

« Le bus ou le métro. Au vieux port, vous trouverez que des gens comme moi. » (qui sortent de boîte et qui ont bu)

On choisit le bus et je suis effarée quand le chauffeur demande 3,40€ pour deux tickets ! En plus, il roule vite et mal, ce qui ne l’empêche pas de nous souhaiter une bonne journée quand on descend au terminus.

La vraie visite touristique de Marseille débute. Il y a des vaches colorées partout...

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... et j’ai pas pu résister au plaisir d’en enfourcher une…

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A une terrasse, attendant que le jour se lève, on boit un café et un chocolat. Coup total : 4,20€ et minus tente d’écluser sa monnaie.

Tour du port, un homme nage avec des palmes, il fait du bruit, j’ai un peu cru que c’était un gros poisson…

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Un ferry SNCM rentre au port, peut-être en provenance de Corse ? Ca me rappelle un camp marche il y a trois ans en Corse, c’était tellement beau, il n’avait plu qu’un quart d’heure en trois semaines… mais je m’égare.

Le soleil brille et il commence à faire chaud.

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On décide de rejoindre le Prado, de se rapprocher du stade et du même coup de l’hôtel. Alors on longe la côte, ce qui est très long.

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On meurt de chaud (et de faim pour moi). Je prends en photo des petites boules rouges dans un arbre, je n’ai pas identifié ce que c’était.

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Au bout d’un (long) moment, pause café. Achat de L’Equipe, Nasri et Niang (futurs re-blessés) jouent ce soir. Monaco a atomisé Sochaux chez eux, Strasbourg a gagné à Toulouse (et je suis contente), Maoulida a permis à Auxerre de gagner son premier match… Bref, coût de ce grand moment : 5€ pour deux cafés, un chocolat chaud et un croissant ! Une adresse à retenir. (En plus à la télé, c’est OMTV.)

Nous arrivons à la plage sur les rotules, mais face à la mer, je retrouve soudainement de l’entrain, et plonge. Enfin… « l’eau est bonne, il suffit juste de rentrer dedans et de nager en continu. » Malgré tout, même les douches froides paraissent chaudes en sortant de la mer.

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Le Catalan est arrivé avec sa belle-fille et une amie à elle. On boit un coup, la mer m’a congelée, le vent souffle fort et je m’achève avec un coca glacé.

Nous pique-niquons tous les cinq dans un parc (pas très propre, mais c’est tout Marseille qui est comme ça) sans banc. Ca se résume à bière-saucisson (ou presque).

Minus a ensuite la bonne idée de conseiller au Catalan de laisser sa voiture où il l’a garée, tout au début de l’Avenue du Prado, assurant que le stade n’est qu’à 500 mètres. Je chante « qu’est-ce que vous chantez ?… » mais j’en oublie toujours un morceau.

500 mètres plus tard, donc trois-quart d’heure plus tard, nous arrivons enfin au rond-point du Prado. Le Stadium devient notre bar de ralliement.

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Entre les douches à l’hôtel, les visites des boutiques de l’OM pour certains (j’avoue n’être rentrée que dans une et avoir simplement regardé les tifos marseillais ; et mal comprendre les nancéiens qui achètent des draps de bain OM, des porte-clés OM, des écharpes OM… Le Catalan est déçu, il n’a pas trouvé de machine à laver OM), les 500m (sic) pour retourner à la voiture chercher maillot et écharpe de Nancy, re-l’hôtel pour les écharpes, re-l’hôtel pour changer de chaussures... Donc, le Stadium. On y boit de la bière et on est consterné par la marée (humaine ?) bleue et blanche qui nous entoure, nous enveloppe, nous étouffe. Tous ces maillots de l’OM me donnent envie de vomir (pour rester polie).

A un moment, nous avons croisé des AFC, puis retrouvé vincent06. Apprenant que le Vélodrome est plein ce soir – je ne savais pas que jouer Nancy, c’était jouer un match de gala – nous décidons de nous rendre au parcage des fois que des marseillais sans places tentent de se faire passer pour des nancéiens (oui, la paranoïa frappe à n’importe quelle heure du jour et de la nuit parfois).

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A 18h30, nous tenons donc nos places entre nos mains (8€ la place). La sécurité demande une carte d’identité de Nancy par petit groupe qui arrive pour s’assurer que nous ne sommes pas des marseillais. Nous réalisons alors que personne ne vient de Nancy (Alpes Maritimes, Moselle, Pyrénées Orientales, Vosges) ! Il faut attendre plus d’une demi-heure, la sécurité ne convoyant que de gros groupes au parcage visiteur. On entre avec les groupes de supporters de Nancy qui sont venus en bus. Pose des bâches. J’observe. Le stade, les marseillais qui commencent à arriver, le soleil qui doucement décline. J’écoute les différentes sonos (chaque tribune a sa sono…).

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Les joueurs des deux équipes entrent sur la pelouse. Pour quoi faire ? Vérifier l’état de la pelouse après le match de rugby de la veille opposant la France à l’Angleterre (22-9) ? Je l’ignore car nous sommes descendus à la buvette entre-temps. Il n’y a plus de bière à cause du match de la veille, mais de toute façon elle aurait été inintéressante (sans alcool).

L’attente est longue. Echauffement des joueurs. Présentation des équipes. Le temps ne passe pas.

Enfin, à 21 heures, le coup d’envoi est donné.

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Nancy se débrouille bien, a des occasions, mais c’est Marseille qui marque le premier but (Niang, 22’). C’est horrible d’entendre les marseillais hurler leur joie. C’est horrible de voir 55000 personnes se lever. Dans le parcage, les encouragements ne faiblissent pas, même s’ils sont couverts par les marseillais. Je suis impressionnée par la puissance vocale que peuvent avoir les marseillais, notamment quand ils chantent « aux armes » (ou quand ils sifflent Nancy). Les marseillais commettent des attentats sur les nancéiens mais l’arbitre semble siffler principalement les fautes nancéiennes…

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A la mi-temps, je suis d’humeur morose, et ça ne s’arrange pas à la reprise du match quand Cissé offre aux marseillais l’occasion de se lever pour la seconde fois (50’). Je pense le match plié, je me souviens du 6-0 encaissé il y a un an et demi avant la finale de la Coupe de la Ligue et j’espère simplement que je ne vivrai jamais ça en direct. Et puis… Nancy obtient un pénalty que Gavanon transforme à la 64’ (encore un but qui doit lui faire plaisir). Les supporters nancéiens retrouvent joie et confiance, le parcage encourage de plus belle. Niang puis Nasri quittent le terrain, tandis que Nguemo, Fortuné et Malonga rentrent. Marseille ne peut alors plus contenir Nancy qui finit par égaliser par Hadji sur une passe de Fortuné (80’) ! Les 10 + 4 dernières minutes sont bien longues, mais Nancy résiste aux attaques de Marseille et va même les inquiéter encore un peu. Je stresse, tu stresses, il/elle stresse, nous stressons… et chantons pour évacuer, pour défier le chrono qui semble s’arrêter de défiler.

Quand enfin le coup de sifflet final retentit, tout se mélange. La joie, les frayeurs rétrospectives, le soulagement (et le mot est faible), les chants pro-nancéiens, les sifflets marseillais, les joueurs qui viennent saluer... Le parcage est en liesse et j’ai les larmes aux yeux tellement ce match a été incroyable ! Je me souviens avoir repensé, quand Nancy était mené 2-0, au match à Sedan au mois de janvier dernier et avoir caressé l’idée de revivre pareil revirement de situation. Mais je n’y croyais pas réellement. Nancy a pourtant prouvé le contraire à tout le monde et mis Marseille dans une sale situation (seulement 3 points en 4 matchs, aucune victoire).

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Et puis, la nouvelle tombe. Nancy est LEADER. Enfin co-leader, à égalité parfaite avec Le Mans et Lorient. Quel trio de tête ! Quelle fête ! Je pense « Paris est tragique et Marseille est merdique. »

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Nous allons fêter cette victoire au Stadium, entourés de marseillais. Minus se perd dans le parc. Un groupe de marseillais passe près de nous et nous félicite « beau match ! ». Je préfère oublier les gamins frustrés qui nous attendaient à la sortie du parcage pour nous dire « vous êtes trop nuls, on vous battra 2-0 au match retour ! » La belle-fille du Catalan est déçue de ne pas avoir vu le taxi de Taxi (« on est à Marseille pourtant ? ») Nous faisons des pronostics quant aux titres des journaux demain : « Nancy humilie Marseille », « Nancy, leader de L1 », « Nancy rejoint Le Mans et Lorient en tête du classement », mais parions finalement sur « La déception marseillaise » ou « Des marseillais à court de souffle »… Vincent06, Le Catalan et les filles nous quittent. Sur le chemin de l’hôtel, nous croisons des supporters marseillais venus de Thionville qui nous disent chercher le match Marseille-Nancy. On rigole ensemble et on se rend compte qu’on dort au même étage. « Bonne nuit et bon retour en Lorraine ». Epuisée et affamée (j’ai oublié de manger ce soir), je m’endors tout de suite dans le petit lit à étage qui grince.

Lundi 20 août 2007

Réveil à 9h (Nancy ! Nancy ! Nancy !). Je pense à mes collègues qui reprennent le travail aujourd’hui ; j’ai un jour de sursis. Minus dit avoir mal dormi, pourtant il avait le grand lit. J’achète L’Equipe et le titre est « L’OM gaspille trop ». Prévisible. Ca leur arracherait la gueule d’écrire Nancy en gros. Nous prenons le métro, moche et puant. Il n’y a que deux lignes.

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Nous sommes de retour à Saint-Charles et là, nous trouvons sans problème les grands escaliers… que nous descendons allègrement pour aller boire un café et un chocolat chaud (4,50€… nous regrettons le café d’hier et les 5€ pour le double de consommations) puis remontons douloureusement. Photo souvenir sur le quai de la gare, minus offre des bonbons au monsieur qui a pris la photo et à son fils.

Dans le train, surprise ! Des vieilles sont installées à nos places et ont la même réservation que nous. Nous squattons les strapontins du couloir avec deux autres dames, également refoulées de leurs places. Le dénouement interviendra plus tard : les vieilles avaient bien réservé les mêmes places, mais pour le lendemain… Galant, minus les laisse à nos places et je m’en cherche une autre quelque part. Je discute avec une vieille qui vient de Nice et va à Metz et qui m’explique avoir prévu gilets et pulls chauds pour la Lorraine. Comme s’il faisait moche dans le nord est. A Lyon, des jeunes sur le quai s’exclament en nous voyant « Oh des supporters ! ».

A Nancy, il pleut quelques gouttes mais quelle joie d’entendre la voix de la SNCF dire « Nancy, ICI C’EST NANCY » (enfin presque). Je chante encore « qu’est-ce que vous chantez ?… » à force, je le saurai… Minus part prendre son bus. J’achète l’Est Républicain, au moins un journal dont le titre est flatteur ! « L’ASNL reste au sommet »… Evidemment, en tongs et pantacourt, j’ai froid, j’ai pourtant remis un pull et une écharpe. Et soudain : « mes chaussures ! » Je cours rattraper minus et récupérer mes chaussures. Puis nous repartons, minus en Moselle et moi dans les Vosges.